Hadrien Bonney

travail d'étudiant en journalisme à l'IHECS (Bruxelles)

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Le Mexique comme jamais vous ne l’avez vu

8 avril 2011 par BONNEY
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Le Mexique est souvent vu comme un pays accueillant et chaud

Viva Mexico!, le premier long-métrage de Nicolas Defossé, nous invite à un voyage à travers un Mexique qui se bat pour une « vraie » démocratie.

Mexique, soleil, plages,… Ces mots sont souvent associés. Mais le Mexique est également un pays où il reste de nombreux problèmes sociaux, économiques et politiques. Nous l’oublions souvent. Nicolas Défossé, à travers son documentaire, Viva Mexico!, met l’accent sur ces autres aspects que nous ne connaissons que très peu. Il a reçu plusieurs prix dont, entre autre, le prix du documentaire Salvador Allende et le prix du public au festival de Bordeaux 2009.

Viva Mexico! Nous n’avons pas besoin de parler espagnol pour comprendre le titre évocateur du documentaire de Nicolas Défossé. Vive le Mexique donc, mais un Mexique que nous ne connaissons, en réalité, très peu, voire pas du tout. Un Mexique différent de l’image que les occidentaux s’en font.

Le pays de Felipe Calderon est un des pays les plus riches d’Amérique Latine. Il a le plus haut revenu par habitant de son continent avec une économie composée d’un mélange d’industrie, d’agriculture et de tourisme. Mais à côté de ces données purement statistique, de nombreuses inégalités et violences continuent à perdurer dans ce pays.

Le premier long métrage réalisé par Nicolas Défossé essaie de montrer cet « autre » Mexique . Tout commence à Los Angeles, au coeur d’une de ces villes qui accueille chaque année des milliers de dépossédés venant du monde entier. Nous suivons des immigrés Mexicains, qui ne savent plus trop qui ils sont mais qui ont un message à faire passer de l’autre côté de la frontière. C’est que dans leur pays, beaucoup de choses peuvent changer dans les mois qui suivent. Nous sommes le premier janvier 2006, journée qui marque le début officiel de l’Autre Campagne. A partir de cette date, le Mexique battra au rythme du spectacle électoral: la population mexicaine est polarisée entre la droite conservatrice, incarnée par le candidat Felipe Calderón, et la gauche populaire, menée par Andrés Manuel Lopez Obrador. Les insurgés zapatistes, menés par le delegado zero, comme se fait appeler le sous-commandant Marcos à partir de moment là, ne veulent pas prendre part à cette lutte et propose de créer un point de rencontre entre toutes les luttes éparses du pays. Plusieurs délégations partiront donc pendant plusieurs années à travers tout le pays pour aller à la rencontre et à l ’écoute des différentes communautés civiles en lutte au Mexique. Le documentaire Viva Mexico! propose un carnet de route de l’Autre Campagne en suivant une de ces délégations à travers la république mexicaine.

L'Autre Campagne traverse tout le pays

L’objectif est simple: aller à la rencontre des « petits gens », de ceux qui luttent pour rétablir une plus grande équité entre les différentes sociales. Et ils sont nombreux:Pêcheurs chassés par le tourisme de luxe, zones archéologiques marchandisées, paysans expulsés par des projets hôteliers, des autoroutes, des aéroports, des champs d’éoliennes industrielles, travestis, prostituées, jeunesse qui n’a plus sa place,… Le spectateur est emporté dans ce tourbillon de témoignages poignants et inquiétants pour l’avenir du Mexique. Les intervenants se livrent avec beaucoup de sincérité et racontent leurs luttes, leurs objectifs et leurs problèmes.

D’une parole à une autre, le spectateur développe un sentiment de complicité avec ses personnes venant de toutes les horizons. Ce documentaire est une véritable aventure qui ne cache pas son objectif politique. Il nous invite à venir rejoindre cette Autre Campagne pour lutter avec le peuple mexicain pour une « véritable démocratie » dans le pays de Felipe Calderon.

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Kempf : « Nous ne sommes plus en démocratie »

8 avril 2011 par BONNEY
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Le journaliste du Monde veut sortir du capitalisme

Après Comment les riches détruisent la planète et Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Hervé Kempf, journaliste et écrivain achève sa trilogie par un essai, L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie, qui analyse la crise de la démocratie au regard de la crise écologique et sociale. Le journaliste du Monde y démonte les mécanismes qui ont fait glisser nos sociétés, que nous croyons démocratiques, vers l’oligarchie, c’est-à-dire le gouvernement de tous par quelques-uns. Dans le cadre du cycle « Vive la Gauche ! » organisé par PAC (Présence et Actions Culturelles), l’espace Magh a accueilli, pour le temps d’une rencontre débat, ce brillant journaliste.

Nous sommes en démocratie… C’est le postulat classique dans les sociétés occidentales. Mais, selon Hervé Kempf dans L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie, nous ne sommes plus dans ce système gouverné par et pour le peuple.

Nous sommes habituellement très fiers de vivre dans un système démocratique que nous opposons souvent aux systèmes totalitaires comme le communisme stalinien, le nazisme. Mais il faudrait se demander, si l’on se réfère à la définition d’Hérodote et à la démocratie athénienne, si nous sommes vraiment dans ce si beau régime. Nous serions plutôt dans un système oligarchique voire ploutocratique où les plus riches prendraient toutes les décisions.

En effet, la puissance financière, grâce au capitalisme, est devenue largement supérieur à la puissance politique. Or, un régime gouverné par les puissances d’argent n’est plus un régime démocratique. Hervé Kempf dénonce donc un glissement de ce que nous croyons être la démocratie vers l’oligarchie, c’est-à-dire un système dans lequel une petite partie de la population discute et délibère pour imposer ses choix au reste de la société.

Plusieurs facteurs ont favorisé cette imposture : l’avènement de la télévision, qui interdit tout message complexe et favorise l’idéologie publicitaire; la victoire du libéralisme, qui a permis l’accumulation de grandes quantités d’argent, mais aussi l’omniprésence des « experts », qui sont considérés comme seuls compétents pour expliquer au peuple ce qu’il doit penser. De plus, il existe un mélange des genres de plus en plus grand entre la sphère politique et la sphère privée. Des anciens ministres travaillent dans des compagnies privées et inversement. Sans que personne ne soit jamais choquer. Mais Hervé Kempf rappelle qu’en démocratie la décision publique et la décision privée doivent normalement être séparées. Le journaliste du Monde n’hésite pas à parler de confusion des genres et des intérêts personnels qui favorise l’extension de la corruption à toute la sphère politique.

Mais ce constat, si négatif qu’il soit, n’est pas sans solution. Hervé Kempf pense qu’il faut revenir en démocratie. Et pour y arriver, il faut reconnaitre l’oligarchie pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un régime qui favorise les riches sans prendre en compte les crises sociales et écologiques. Et il y a urgence. Selon Kempf, les pays occidentaux doivent réaliser que la Terre ne leur appartient pas et qu’ils doivent la partager. Et pour réussir ce pari il faut sortir du régime oligarchique pour réinventer une démocratie vivante grâce à laquelle nous éviterons que les oligarques nous entraînent dans la violence et l’autoritarisme.

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Belgique, Kurdistan, destins croisés

8 novembre 2010 par BONNEY
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drapeau belge

La Belgique et le Kurdistan n’ont, a priori, pas beaucoup de points communs. La première est un Etat fédéral composée de trois communautés et de trois régions, le deuxième une entité virtuelle divisée entre quatre pays mais désireuse d’être reconnue en tant qu’état bien réel. Bien qu’ils ne disposent pas d’un Etat-nation, les Kurdes ont développé une réelle identité commune alors que les Belges sont en train de se déchirer entre Flamands et Wallons. A l’heure où l’identité nationale pose question en France, aux Pays-Bas et dans beaucoup d’autres pays, de nombreux facteurs, comme la langue, la religion ou tout simplement l’Histoire, peuvent expliquer la formation d’une identité commune. Les Flamands sont comme les Kurdes, fiers de leur identité. Ce sentiment d’appartenance à un « destin commun » est peut-être dû au passé et à la non reconnaissance de leurs identités.

A première vue, le Kurdistan et la Belgique n’ont pas grand chose en commun. D’une part, le Kurdistan. Territoire situé à cheval sur l’Irak, la Syrie, la Turquie et l’Iran, environ 30 millions d’habitants, majoritairement musulmans, qui parlent le Kurde. D’autre part, la Belgique. Divisée en trois communautés, dix millions d’habitants, à majorité catholique, avec trois langues officiels: le français, le flamand et l’allemand. Le premier est un Etat virtuel, le second un Etat fédéral bien réel. Les Kurdes réclament un territoire depuis des siècles, les Belges ont séparé le leur depuis déjà 40 ans. Nous avons donc d’un côté un Etat mais plusieurs identités et cultures, la Belgique, et d’un autre côté, plusieurs Etats mais une identité commune, le Kurdistan.

Mais alors qu’est-ce qu’être Kurde? Pourquoi se sentent-ils Kurde? Question très vaste. Ni Arabes, ni Turcs, ils se disent

drapeau kurde

descendants des Mèdes qui se seraient installés au 9è. siècle avant Jésus-Christ dans cette région d’Asie occidentale. Ils sont Sunnites à 80% mais ils comptent aussi des chiites, des Alévis et des Yézidis. Il existe aussi des minorités chrétienne et juive. Même s’ils ne vivent pas dans le même pays, qu’ils ne subissent pas les mêmes traitements, les Kurdes ont une réelle identité commune. Contrairement aux Belges…

Pourtant, les Belges ont tout ce que désirent les Kurdes: un pays avec des frontières définies et reconnues, avec un Etat et des gouvernements. Indépendante depuis 1830, la Belgique unitaire, après six réformes, est devenu un Etat fédéral composé de trois communautés et de trois régions ayant chacun son gouvernement.

Quand les Kurdes se battent pour obtenir la formation d’un Etat, les Belges, quant à eux, sont aux bords de la séparation. La NV-A, parti nationaliste flamand, et son leader, Bart de Wever, exigent une réforme de l’Etat afin que les régions obtiennent de nouvelles compétences. Ils veulent, au minimum, une Belgique confédérale et au mieux une Flandre indépendante.

Une question se pose alors: Pourquoi les Belges, n’ont pas une identité nationale commune alors que les Kurdes, divisés dans quatre pays, en ont une? Est-ce la langue, la religion, la culture ou leur histoire commune qui réunissent les peuples?

Les exemples de séparation et d’alliance entre régions ne manquent pas dans l’histoire. Les langues seraient-elles un facteur d’alliance ou de séparation? Les peuples se sont souvent rassemblés en fonction de leur langue. Mais, a contrario, des peuples parlant des langues différentes se sont des fois rassemblés en un Etat. Dans de nombreux pays, plusieurs idiomes sont parlées. C’est le cas, par exemple, de la Suisse, de l’Espagne et bien sûr de la Belgique. Beaucoup pense que le problème de la Belgique est dû à la différence de langue, le français, langue latine, au Sud, et le flamand, langue germanophone, au Nord. Mais alors pourquoi le modèle suisse, pays dans lequel trois langues sont parlées, fonctionne-t-il? La langue ne paraît donc pas être le facteur essentiel dans l’apparition d’une véritable identité nationale.

La religion pourrait également être la raison d’une séparation et donc de la création de plusieurs identités nationales. C’est le cas de l’Irlande, séparée en 1921 en deux parties après une terrible lutte entre protestants, loyaux au Royaume-Uni et catholiques, nationalistes. Bien que des problèmes sociaux sont venus s’y joindre, cette séparation est donc en grande partie due à la religion.

Dans le cas où la Belgique devrait être séparée, ce ne serait pas à cause d’un problème religieux. La majorité des Belges, Flamands comme Wallons, étant catholiques. Malgré ce point commun, il n’y a pas d’identité commune entre les communautés belges alors que le Kurdistan, majoritairement musulman, a une réelle identité commune. La religion ne paraît donc pas être décisive dans le sentiment d’appartenir à la même nation.

Une culture commune serait peut-être un meilleur facteur. C’est la grande différence entre le Kurdistan et la Belgique. Les Kurdes en ont une en commun alors que les Flamands et les Wallons ont leur propre culture. Mais cet argument ne vaut pas pour tous les pays. Certains peuples, comme les Italiens, les Allemands, les Suisses ou encore les Américains ont développé une culture commune. Ils en ont en quelque sorte développées deux. Celle de leur région, peuple, ou même ville, et une autre plus générale. Les Belges quant à eux n’ont pas de culture belge, mais des cultures wallonnes et flamandes.

Le facteur le plus important dans la création d’une réelle identité commune semble être l’Histoire. Les peuples qui ont été niés dans leur identité sont toujours plus conscients de leur appartenance à une véritable communauté. Tout se passe comme si un peuple avait besoin d’être poursuivi pour comprendre qu’ils ont quelque chose en commun. C’est le cas des Arméniens en Turquie, des Flamands en Belgique et des Kurdes au Moyen-Orient.

Les Flamands ont été dénigrés dès l’indépendance de la Belgique, en 1830. Le pays est, à l’époque, aux mains d’une élite francophone qui impose le Français comme seule langue officielle. Ce choix est fondé sur l’idée que l’unilinguisme cimentera les Belges. La primauté accordée au français dans l’administration, la justice, l’école, l’armée,… va immédiatement irriter la Flandre, soucieuse de faire reconnaître sa langue. A force de combattre pour la reconnaissance de leurs droits, les Flamands se sont créés une réelle identité commune.

C’est la même chose pour les Kurdes. Depuis 1639 et le premier partage du Kurdistan (littéralement « Pays des Kurdes ») entre les Empires perse et ottoman, les Kurdes n’ont plus d’Etat. Le Kurdistan a été successivement occupé par les Arabes, les Mongols, les Perses, puis par les Ottomans. Les Kurdes ont seulement commencé à revendiquer la formation d’un « grand Kurdistan » à la fin du 19è. siècle.

En 1920, après la chute de l’Empire ottoman, les puissances alliées (France, Grande-Bretagne) ont promis, dans le Traité de Sèvres, la création d’un grand Etat du Kurdistan dans l’Est de l’Anatolie. Mais celui-ci ne verra jamais le jour. En 1923, le traité de Lausanne revient sur cette promesse. Le peuple Kurde est alors placé sous l’autorité de quatre pays: la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak.

Kurdistan

Quatre-vingt-sept ans plus tard, le Kurdistan reste un territoire virtuel, sans frontières reconnues, et les Kurdes une nation sans Etat. Niés dans leur identité (comme les Flamands au début de l’Etat belge), les Kurdes du Moyen-Orient n’ont pourtant cessé de lutter pour faire reconnaître leurs droits culturels et politiques, face à des Etats centralisateurs et répressifs. Le parallèle avec la situation flamande au tout début de la Belgique en tant qu’Etat unitaire est donc évident. Mais malheureusement pour les Kurdes ils n’ont jamais réussi, contrairement aux Flamands, à s’unir pour faire accepter leur langue et leur culture. Les divisions linguistiques et religieuses les ont conduit à lutter en ordre dispersé. De plus, les sous-sols kurdes sont riches en eaux et en pétrole, ce qui complique encore plus la situation.

A l’exception de l’éphémère République Kurde de Mahamad (1946), en Iran, le rêve d’un « grand Kurdistan » s’est peu à peu émoussé. Seul le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a ranimé en Turquie la flamme d’un « grand Kurdistan libre et démocratique ». Ailleurs, les partis politiques kurdes ont tous opté pour un objectif plus modeste: l’autonomie de chaque minorité kurde dans le cadre des Etats existants. Et cette stratégie s’est révélée payante en Irak où, depuis 1991, les Kurdes gèrent de façon autonome leur région. Exemplaire pour tous les Kurdes, cette victoire repose une nouvelle fois la question d’un « grand Kurdistan ».

Malgré les divergences, de nombreux experts ont remarqué une évolution positive. Après avoir été écartelé pendant des décennies entre des organisations prônant l’autonomie (Iran, Irak) et d’autres l’indépendance (Turquie), le mouvement kurde est en train d’évoluer vers un objectif commun: le fédéralisme.

La Belgique et le Kurdistan ont donc un destin opposé tandis que les Flamands et les Kurdes partagent beaucoup de points communs. Les Kurdes se battent pour obtenir le fédéralisme alors que les Belges ne veulent plus de ce système. Pas tous les Belges bien entendu, mais il semble que la Belgique se dirige vers un système confédéral ou pire vers l’indépendance de la Flandre.

En fait, nous pourrions dire que les Wallons sont dans la situation de l’Irak, de la Syrie, de la Turquie et de l’Iran. Ils défendent tous les cinq l’intégrité de leur pays. Tandis que les nationalistes flamands pourrait être mis en parallèle avec les Kurdes. Ils veulent tous deux l’autonomie de leur territoire.

Cependant les Kurdes semblent être plus objectifs quant à leurs revendications. Car ils voulaient au début la formation d’un « grand Kurdistan » mais ils se sont vite rendu compte de la difficulté d’un tel procédé et ont donc revu leur espérance à la baisse. Ils désirent « simplement » le fédéralisme.

Les Flamands ont fait le chemin inverse. Voulant plus d’autonomie pour leur région, ils en viennent maintenant à voter pour un parti nationaliste qui prône l’indépendance.

Bibliographie:

  1. PIOT Olivier, Vers un Etat kurde au Moyen-Orient? Première partie: Irak et Syrie, in Geo Un nouveau monde: la Terre, n°359, janvier 2009.
  2. PIOT Olivier, Vers un Etat kurde au Moyen-Orient? Deuxième partie: Turquie et Iran, in Geo Un nouveau monde: la Terre, n°360, février 2009.
  3. BOUILLON Pierre, Un pays en chantier depuis le berceau, in Le Soir, du 29 mai 2010.
  4. WIKIPEDIA, Kurdistan, http://fr.wikipedia.org/wiki/Kurdistan, consultée le 29 octobre 2010.
  5. WIKIPEDIA, Kurdes, http://fr.wikipedia.org/wiki/Kurdes#cite_note-4, consultée le 29 octobre 2010.

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Les orphelins du séisme d’Agadir, une page oubliée de l’histoire

25 octobre 2010 par BONNEY
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L’avant-première en Belgique du documentaire « Les enfants du séisme d’Agadir, 50 ans après », réalisé par M. Hassan El Bouharrouti, s’est déroulée le 6 mai 2010 au cinéma de l’UGC de De Brouckere à Bruxelles, en présence notamment des ‘enfants adoptés’.

Ce documentaire retrace les parcours de vie d’enfants marocains victimes du séisme de 1960 à Agadir, à 615 kilomètres au sud de Rabat, la capitale maroccaine, qui ont été accueillis par des familles belges. Une page méconnue de l’histoire selon Mme. Latifa Aït-Baala, qui a aidé à la réalisation du documentaire. Il a fallu trois ans pour réaliser ce film. Il montre de nombreux témoignages de personnes, dont certains orphelins, qui étaient à Agadir pendant le séisme et qui ont ensuite été accueilli dans des familles belges. Cinquante ans après, ils expliquent dans des témoignages, les nombreuses difficultés qu’ils ont eu pour s’adapter à leur nouvelle famille, à une nouvelle culture et à un nouveau style de vie.

Le tremblement de terre d’Agadir a eu lieu le 29 février 1960 aux environs de 23h45 (heure locale). Ce séisme, de 5,7 degrés sur l’échelle de Richter, a été le plus meurtrier qu’ait connu le Royaume du Maroc : en douze secondes, plus ou moins 20 000 morts et des dizaines de blessés ont été à déplorer. Aucun chiffre précis n’a été donné à l’époque par les autorités.

Le Roi Mohammed V du Maroc a immédiatement lancé un appel à la solidarité internationale et plusieurs pays comme la Belgique, la France, ou encore les Pays-Bas, ont répondu positivement à cet appel. En plus de participer au secours d’urgence et à la reconstruction d’Agadir, ces pays ont acceuilli de nombreux enfants algériens, dont certains orphelins. Selon les autorités, 385 enfants ont été accueilli par des familles belges. Certains sont encore en Belgique aujourd’hui, d’autres sont repartis en Algérie ou ailleurs.

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Canal de Bruxelles, une frontière imaginaire

25 octobre 2010 par BONNEY
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Le canal de Bruxelles est souvent perçu comme une frontière entre deux quartiers.

Le canal de Bruxelles-Charleroi

« Tut-tut! », « vroum vroum », « salam alikoum », « goei dag ». Un canal, un pont comme tant d’autres, fait d’énormes pierres sombres et tristes. Passage obligé entre deux quartiers: le centre de Bruxelles et Molenbeek-Saint-Jean. Il est également pour beaucoup un endroit de rencontre.

Le vent froid et persistant frappe le visage des passants. Il suit le canal Bruxelles-Charleroi-Anvers, étranger aux décors qu’ils traversent. Il longe ici de tristes bâtiments démodés et défréchis dont la hauteur dérobe le ciel et change la lumière. Il s’engouffre dans des avenues, des rues, qui semblent étroites comme de profonds canaux. Les voitures y roulent avec une telle brutalité qu’elles donnent l’impression de meutes lâchées sur l’asphalte grondant.

Des foules pressées se croisent sur les trottoirs, piétinent aux carrefours. Les trams longent le canal et roulent comme de mouvants tonnerres.

La rive droite du canal, le long du boulevard de Nieuport, est en travaux tandis que sur la rive gauche des éoliennes miniatures de toutes les couleurs tournent dans tous les sens au gré du vent. Des effluves de Kebab, de poulet, de cacao chaud et de café se mélangent et traversent le pont aussi vite que les passants. Le serveur du « Mobels », au coin de la rue Dansaert et du boulevard Barthélemy, sur la rive droite du canal, entre et sort du café pour servir ses clients. Un magasin d’alimentation et un phone shop, tenu respectivement par une jolie jeune femme d’origine indienne et par un homme d’une quarantaine d’année d’origine maghrébine, sont ses voisins directs. Le garçon de café, quant à lui, est blanc. Il porte un tablier noir et une chemise blanche comme pour dire que tout le monde, quelles que soient ses origines et sa couleur de peau, est admis dans son établissement.

En face du café, une jeune flamande, habillée d’un béret beige en velours et d’une veste noire en cuir, sort du snack « La main d’or » avec un sachet blanc qui répend une alléchante odeur de frites. Elle croise une maghrébine d’un âge avancé qui porte un foulard noir et une longue robe marron en coton. Elle entre dans le snack et lorsque leurs regards se croisent elles échangent un signe de la tête en souriant.

Un passage bloqué

De l’autre côté du pont, un homme d’origine africaine portant une doudoune beige et des chaussures brunes Timberland traverse la route. « (…) Ja, ik wil graag maar ik moet door sommige dingen doen. » Il était au téléphone avec un de ses amis. Il croise à ce moment un groupe de jeunes maghrébins et leur fait un signe de main pour leur dire bonjour.

« Tut-tut. Tuuuuuuut. Tut. Tuuuuuuuuuuuut ». Le pont était bloqué par un camion arrêté au coin de la rue Dansaert pour approvisionner le magasin d’alimentation tenu par la jeune femme d’origine indienne. Le passage entre les deux quartiers est donc bloqué pour les voitures. Les passants, par contre, continuent à traverser le canal comme si de rien n’était. Les feuilles mortes venant des deux côtés du canal poursuivent, elles aussi, entrainées par le vent, leur passage d’une rive à l’autre jusqu’à ce qu’elles tombent dans l’eau froide et verdâtre du canal où, entre les deux quartiers, elles continuent ensuite leur route sans se soucier des frontières, réelles ou imaginaires,qu’elles auront à traverser.

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Chili, une renaissance dont il faut tirer des leçons

25 octobre 2010 par BONNEY
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Les trente-trois mineurs chiliens bloqués depuis plus de deux mois à six-cent mètres de profondeur sont enfin sortis des entrailles de la Terre. Dans le monde entier, cet événement a été très médiatisé mais beaucoup de questions restent encore sans réponse. Philippe Marion, professeur à l’observatoire du récit médiatique de l’UCL, et Manuela Chavez, responsable des droits humains à la Confédération internationale des syndicats, donnent leur point de vue sur la médiatisation de ce sauvetage.

Les mineurs chiliens ont enfin respiré de l’air pur. L’opération a été un franc succès pour le gouvernement chilien. L’occasion pour lui d’accueillir de nombreux journalistes intéressés par cet événement. Pour expliquer cet intérêt, Philippe Marion, professeur à l’observatoire du récit médiatique de l’UCL, compare ce sauvetage à d’autres grands événements cérémoniels généralement suivis par les médias comme les grandes funérailles de star ou les mariages princiers. Mais, selon lui, il y a une différence majeure : « Cet événement n’a pas été construit pour les médias. Les médias s’y sont greffés mais c’était d’abord une histoire de survie. »

Cette sortie médiatique des mineurs, relayée par de nombreux médias, a donc suscité beaucoup d’émotion dans le monde. Mais pour Manuela Chavez, responsable des droits humains à la confédération internationale des syndicats, beaucoup de questions sont occultées : « On ne parle pas assez dans les médias des causes de cet accident ! Et la voix des syndicats est muselée. » Elle rappelle ensuite un autre sujet généralement oublié : personne ne parle de l’entreprise minière alors que c’est bien elle la responsable de cet accident.

Plutôt que de parler des causes et des responsables de ce terrible événement, les journalistes ont préféré mettre en avant l’exploit technique et humain de ce sauvetage. « Il y a une dimension symbolique exceptionnelle : la renaissance. On sort des entrailles de la terre, et ça, ça va chercher loin dans notre inconscient collectif et dans les mythologies », explique Philippe Marion.

Cependant, après cet exploit retentissant, il faut en tirer des conclusions pour l’avenir. Manuela Chavez pense qu’ « il faut revoir les conditions de travail dans les mines ». Ce sauvetage est une bonne chose pour le gouvernement chilien et pour l’image du Chili dans le monde mais Chavez regrette que personne ne parle de réformes pour réglementer le travail dans les mines et explique : « Nous allons travailler avec eux {les mineurs} pour faire pression sur le gouvernement et sur les employeurs. Il faut respecter la convention pour la sécurité dans les mines. Il y a des accidents tout le temps. »

Malgré le happy end final, il y a donc beaucoup de points noirs dans l’opération de sauvetage des trente-trois mineurs, qui, selon certains journaux, ne seront même pas payés pour les deux mois qu’ils ont passés sous terre.

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Courrier International: une information à deux étages

25 octobre 2010 par BONNEY
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Courrier International est un hebdomadaire français d’information né il y a vingt ans. En traduisant des articles originaires du monde entier, il se propose de faire connaître les cultures du monde entier ainsi que leur point de vue. Il propose également une présentation en quelques lignes de tous les journaux cités (plus de 900). Il a vite récolté les fruits du succès. Pascal Fenaut, sociologue et vigie au Courrier International, revient sur l’histoire du journal et sur leur façon de travailler.

Un an jour pour jour après la chute du chute du mur de Berlin, le 8 novembre 1990, Courrier International voit le jour grâce à quatre parisiens, Jean-Michel Boissier, Hervé Lavergne, Maurice Ronai et Jacques Rosselin. L’hebdomadaire se vend à 40 000 exemplaires dès sa deuxième livraison et connaît un succès croissant grâce à l’actualité internationale très dense à l’époque. En effet, les numéros publiés pendant la guerre du Golfe (en 1991) traduisant des journaux arabes interdits en France, connaissent un grand succès. Depuis, sa diffusion n’a fait que croître surtout grâce à la publication d’articles publiés dans des journaux interdits en France à l’époque.

En 2007, il atteint une diffusion payée de 207 142 exemplaires et un tirage de 265 457 exemplaires. Aux tirages payant il faut ajouter les abonnements électroniques. Son site internet, www.courrierinternational.com, contient de nombreux compléments aux numéros papiers. Il propose aussi à l’internaute une mise à jour quotidienne de l’information, selon le même principe que le journal. En plus de sa publication hebdomadaire et de son site web, la rédaction du journal sort aussi des hors-séries thématiques plusieurs fois dans l’année. Ce qui permet de traiter des sujets importants avec plus de profondeurs.

Depuis 2005, le journal a également été adapté à l’étranger. Au mois d’avril de cette année-là, le Portugal a lancé Courrier Internacional. L’édition comprend le contenu de l’édition française, traduite en portugais, à laquelle s’ajoutent des articles sur le Portugal et ses anciennes colonies comme le cap-Vert et le Brésil. Le 17 novembre 2005, les kiosques japonais ont aussi accueilli leur version du journal : Courrier Japon. En Belgique, l’hebdomadaire est diffusé depuis 2009. La version est identique à celle publiée en France (nom, contenu, images…) mais comprend cependant quatre pages supplémentaires. Un projet allemand est également en cours et il y a un équivalent en Italie.

Les vigies doivent sélectionner l’information

Le Courrier International ne fonctionne pas comme les autres journaux. La rédaction est composée de trente journalistes à Paris et d’une trentaine de “vigies” (des pigistes) dans des régions peu fréquentées par les autres correspondants de presse, comme la Corée, l’Indonésie, l’Amérique Latine ou encore le Moyen-Orient. Les vigies doivent traduire et choisir les articles qui paraissent dans Courrier International. L’idée : capter les évolutions, anticiper les tendances. Pascal Fenaut est par exemple, vigie pour la presse israélienne en Anglais et en Hébreu.

Puisque les lecteurs ne connaissent pas les 900 publications dont sont extraits les articles, une présentation de quelques lignes est là pour en dire un peu plus sur la source. Parmi les plus connues on trouve : The Guardian (Grande-Bretagne), El País (Espagne), The New York Times & The Washington Post (USA), China Daily (Chine), La Repubblica (Italie), Ha’Aretz (Israël) ou encore Al Hayat (Arabie Saoudite)…

Chaque numéro de Courrier International propose deux dossiers, chacun correspondant à un sujet d’actualité que la rédaction a choisi de développer. Il existe trois grandes rubriques dans l’hebdomadaire. Tout d’abord, il y a les pages éditoriales dans lesquelles des journalistes ou des intellectuels donnent leur point de vue sur la politique de leur pays. Ensuite, ils publient une série d’articles ou de mini-reportages sur des faits d’actualité dans le monde. Finalement, de longs reportages ou enquêtes se trouvent à la fin du journal.

Une conférence de rédaction se tient chaque semaine à Paris entre les chefs de rubrique pour choisir les dossiers qui paraîtront dans la prochaine édition de l’hebdomadaire. En Occident, nous avons souvent accès à la même information, quelque soient les médias. Afin de proposer une autre vision des choses et de parler d’évènements non médiatisés, Pascal Fenaut explique qu’ils privilégient toujours les éditoriaux où de nouveaux points de vue peuvent apparaître plutôt que les « simples » reportages sans prise de position.

Mais un problème subsiste: les vigies doivent donc traduire des articles en français mais ne peuvent pas le publier dans son intégralité car ils sont souvent trop longs. Ils ne déforment pas le contenu mais ils doivent sélectionner les passages les plus intelligents et les plus intelligibles..

Le choix laissé aux vigies lors de la sélection des articles, pose donc une véritable question. Souvent, le vigie a un regard politique, qu’il le veuille ou non, sur le conflit lors de la sélection des articles. Pascal Fenaut pose là une question fondamentale: faut-il choisir des articles qui reflètent ce qu’on pense en tant qu’individu ou bien les choisir en fonction de l’opinion occidentale?

Courrier International est une véritable source d’information mais il informe aussi sur la manière d’informer. Les vigies n’ont donc pas qu’un « simple » travail de sélection et de traduction mais aussi un véritable choix éditorial à faire. Il faut surtout qu’ils en soient conscients pour éviter que leurs opinions se reflètent dans leurs articles.

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Coupe du Monde 2014, JO 2016, un moyen d’expansion pour le Brésil

16 octobre 2010 par BONNEY
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logo de coupe du monde au Brésil

Ces dernières années, de nombreux spécialistes ont observé la montée en puissance dans le monde économique du Brésil. Mais, la simple force économique ne suffit pas pour assoir son pouvoir. L’organisation d’événements sportifs de portée internationale est un des éléments qui permet d’y arriver. Et à l’heure actuelle, le pais maravilhoso a de la réussite.

En effet, après les Jeux Panaméricains à Rio en 2007, c’est la Coupe du Monde de football de 2014 et les Jeux Olympiques d’été 2016 qui se tiendront au Brésil. Jamais un pays n’avait organisé autant de compétitions en si peu de temps.

Or, le Brésil n’a pas remporté ces événements par hasard. Ces deux victoires successives sont le fruit d’une extraordinaire volonté de renforcer la puissance brésilienne à un niveau régional, et bien sûr mondial.

Pour obtenir la Coupe du Monde de football 2014, le Brésil a tout fait pour être le seul pays en lice et il a également utilisé de nombreux relais d’influence au sein des organisations sportives latino-américaines ainsi qu’à la FIFA. De plus, cette stratégie était soutenue par l’Etat brésilien. Ainsi, la candidature brésilienne a été la seule présentée à la FIFA, et donc déclarée victorieuse.

Pour remporter les Jeux Olympiques 2016, la stratégie a été différente. Brasilia a, très intelligemment, mis l’accent sur l’écologie et a su profiter du sentiment de culpabilité des occidentaux en mettant en évidence qu’aucun des pays dits « du Sud » n’avait jamais organisé cet événement international. Pour être sur de remporter l’organisation les JO, l’Etat brésilien a également promis des bénéfices économiques et politiques pour tous ceux qui soutiendraient la candidature brésilienne.

Grâce à ces succès, le pays du roi Pelé espère faire parler de lui dans les médias du monde entier et montrer de façon tangible sa montée en puissance dans le monde économique.

Thomas Pitrat, diplômé ingénieur en agro-développement international et spécialiste du Brésil, explique sur le site de l’Unasur (www.Unasur.fr), les différents stratagèmes qui ont permis au Brésil de remporter l’organisation de ces événements internationaux.

Après huit années de présidence, Lula Da Silva, est contraint de laisser sa place par la constitution brésilienne. Pendant sa présidence, le Brésil est devenu une véritable puissance économique émergente dans le monde. Avec la Chine, l’Inde et quelques autres, il est l’un de ces états qui modifient la carte de la répartition du pouvoir en ce début de XXIe siècle. Lula est le porte-drapeau de cette transformation.

Mais pour assoir son pouvoir le président a bien compris que la simple force économique ne suffisait pas. C’est pourquoi, il a tout fait pour que le Brésil organise des événements sportifs de portée internationale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Lula a réussi. Le Brésil est même devenu le roi pour décrocher ces grandes compétitions.

« En effet, après avoir organisé les Jeux Panaméricains à Rio en 2007, il a obtenu successivement l’organisation de la Coupe du Monde de football 2014 et celle des Jeux Olympiques 2016 qui se dérouleront à Rio. Du jamais vu jusqu’à ce jour. » énonce Thomat Pitrat, diplômé ingénieur en agro-développement international et spécialiste du Brésil, sur le site de l’Unasur (www.unasur.fr).

Et pour ceux qui en doutait encore: le hasard n’y est pour rien! L’obtention de ces événements a été voulue et planifiée par l’Etat brésilien qui veut répandre son influence sur le continent sud-américain d’abord, et dans le monde ensuite.

La candidature du Brésil pour la Coupe du Monde FIFA 2014

Pour remporter l’organisation de la Coupe du Monde 2014, le pays de Lula a commencé sa campagne très tôt en utilisant de nombreux réseaux d’influence mais aussi en ayant une véritable stratégie d’anticipation. Pour être déclaré pays hôte par la FIFA le 30 octobre 2007, le chemin a été long pour le pais maravilhoso.

En 2003, la FIFA a annoncé que la Coupe du Monde serait organisée en Amérique du Sud pour la première fois depuis l’Argentine en 1978. Suite à cette décision, les différentes fédérations du CONMEBOL, la confédération sud-américaine de football, adoptent le Brésil comme candidat unique de la zone. Il dépose sa candidature officielle le 31 juillet 2007.

«Pour être le seul soumissionnaire, et donc être élu d’office, le Brésil a éliminé les velléités des autres pays d’Amérique Latine à soumissionner une offre. Ainsi la stratégie du Brésil a été, non pas de se battre contre des candidatures concurrentes mais d’en empêcher l’existence même. » explique Thomas Pitrat.

La candidature brésilienne a également bénéficié du soutien de figures charismatiques, comme les footballeurs Romario et Dunga ou encore le romancier Paulo Coelho, mais, selon Pitrat, ce qui a réellement fait pencher la balance s’est passé hors du champs des caméras, en deux phases bien distinctes.

Dans une première phase, la Confédération brésilienne de football (CBF) a du faire en sorte que son unique concurrent potentiel, la Colombie, décide de ne plus organiser la Coupe du Monde. Pour ce faire, elle a obtenu de nombreux soutiens au sein de la CONMEBOL et dans le même temps, la CBF a développé son réseau au sein de la FIFA. Sans le soutien de la confédération sud-américaine de football, la candidature de la Colombie n’a pas eu de suite positive et a donc été un échec.

La deuxième phase a consisté à empêcher la Bolivie de pouvoir postuler. Pour y parvenir, la CBF a encore utilisé ses réseaux et elle s’est également appuyée sur une nouvelle règle instaurée par la FIFA. Cette dernière établit une altitude maximale à laquelle des matches de standard FIFA peuvent être joués, à savoir 2500 mètres. La Bolivie ne pouvait donc pas, tout comme les autres pays andins, organiser la Coupe du Monde.

Ainsi, conclut Pitrat, « Par des manoeuvres d’influence au sein d’organisations régionales et internationales, et des orientations normatives, toutes appuyées par le gouvernement, la candidature brésilienne a été la seule présentée à la FIFA, et de fait déclarée victorieuse. »

La candidature pour les Jeux Olympiques 2016 de Rio

logo des JO 2016

Pour obtenir l’organisation des JO 2016 à Rio, Thomas Pitrat stipule que la compétition a été plus complexe, et les moyens engagés plus importants. Contrairement à la candidature du Brésil pour la Coupe du Monde 2014, la candidature de Rio pour les JO 2016 était en concurrence avec d’autres villes. La compétition a été féroce, sur divers thématiques.

Pitrat explique que les Brésiliens ont utilisé plusieurs arguments. Tout d’abord, Lula a voulu que l’écologie soit sur le devant de la scène en mettant en avant de nombreux éléments dans leur candidature qui porte sur l’économie durable, le social et l’environnement. Le Comité Olympique brésilien (COB) a également mis en avant les valeurs d’universalisme revendiquées par les Jeux Olympiques et a rappelé qu’aucun des pays dits « du Sud » n’a accueilli cet événement à part la Chine.

« Ainsi, le COB a su jouer sur une fibre émotionnelle portant sur la contradiction entre l’obtention des jeux par un pays autre que le Brésil et les valeurs revendiquées par l’événement. », commente Pitrat.

Mais comme cela ne suffit bien sûr pas, le COB et l’Etat brésilien ont également mis en avant les bénéfices économiques et politiques que tout pays soutenant leur candidature pourrait obtenir en cas de victoire des Brésiliens.

Les arguments économiques sont simples et sont principalement composés de deux volets selon Pitrat.

« Le premier est l’investissement public non lié aux jeux (240 milliards US en 4 ans) dans les infrastructures générales et les équipements nationaux. Le second est un environnement juridique sécurisant pour les investisseurs et favorable au climat des affaires, mis en place par l’administration Lula.»

La base du discours politique était quant à lui un discours d’aide aux pays du tiers monde dans le but de trouver des soutiens auprès des pays dits « du Sud ».

Nous pouvons donc constater que l’obtention de ces compétitions internationales est, pour Lula et tout l’Etat brésilien, un moyen d’étendre l’influence économique et politique du Brésil dans le continent sud-américain mais également dans le monde. C’est un nouveau pas en avant vers la volonté du pais maravilhoso de jouer un rôle d’égal à égal avec les pays industrialisés.

« Le Brésil apprend vite et obtient de rapides retours sur investissement. Il cultive et développe aussi sa propre identité et entend le faire connaître et respecter. Mais le Brésil n’est pas pour autant fermé aux collaborations, et il revient donc aux dirigeants des nations industrialisées de s’inscrire dans ce formidable élan de dynamisme. », conclut Thomas Pitrat.

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La presse en ligne en pleine évolution

12 octobre 2010 par BONNEY
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La presse en ligne doit encore évoluer mais elle est sur la bonne voie

Dans le cadre du cours de « Réalisations de presse écrite et presse en ligne » du 21 septembre 2010, Corentin Di prima, journaliste pour Lesoir.be, a donné une conférence à l’IHECS sur l’évolution de la presse en ligne depuis une dizaine d’années.

Internet existe depuis environ quinze ans mais les sites de presse en ligne sont encore rares avant les années 2000. Et même quand ils existaient les articles publiés sur le web n’étaient souvent que des copies de dépêches ou d’articles déjà existants. C’est plus ou moins en 2005 que les journaux ont développés de véritables sites d’information qui offraient une plus value par rapport aux journaux papiers. Deux tendances se sont alors développées : d’une part, les médias classiques (Le Soir, RTBF,…) ont créé leur propre site internet, et d’autre part des médias se sont développés uniquement sur internet comme www.rue89.com ou encore www.bakchich.info que nous appelons généralement des « pure players ». Ces derniers essaient de donner des informations avec une nouvelle façon d’écrire, un ton nouveau et utilisent souvent des hyperliens ou des vidéos pour compléter leurs articles.

Depuis les débuts d’internet et de la presse en ligne il y a environ une quinzaine d’années, les médias ont dû s’adapter. Alors que les sites de presse en ligne n’étaient qu’à leur début en l’an 2000, ils sont aujourd’hui devenus de véritables enjeux économiques pour les différents médias. En effet, en dix ans, l’audience du Soir.be a par exemple triplé. Il y a actuellement environ 135 000 visites par jour sur le site du Soir.be alors que la version écrite ne se vend plus qu’à 70000 exemplaires par jour. Le marché de la presse en ligne est donc en plein essor et toutes les rédactions essaient de s’adapter avec plus ou moins de réussite.

Tous les médias sont donc conscients de la nécessité d’investir dans la presse en ligne car c’est une opportunité de survie mais ils ne savent pas toujours comment utiliser ces nouvelles technologies et profiter des nombreuses innovations qui sont possibles. De nombreux journalistes sont d’ailleurs contre toutes ces nouveautés et ont une image négative du web mais ils doivent se rendre compte que la réalité est entrain de changer et qu’ils doivent s’adapter. Nous vivons actuellement dans un monde où l’information doit être la plus rapidement donnée et l’outil le plus rapide pour délivrer une information est actuellement le web. C’est le cas par exemple lorsqu’une nouvelle arrive à midi. Elle ne sera diffusée que le lendemain dans les journaux écrits alors qu’internet permettra sa diffusion immédiatement.

Tous les médias et les journaux écrits en particulier sont donc à une charnière de leur existence. Avant, l’information était moins rapide et les journalistes avaient donc plus de temps pour préparer leurs articles mais cela est entrain de changer. L’information ressemble de plus en plus à des flashs permanents comme à la radio et il y a bien sûr une pression supplémentaire sur les journalistes. Et ce n’est sans doute pas prêt de changer. Pour donner un exemple, Le Soir.be est en équilibre budgétaire cette année pour la première fois depuis quinze ans.

Cependant, il ne faut pas s’inquiéter pour autant ! La presse écrite continuera d’exister car elle propose plus d’analyse et offre un meilleur confort de lecture mais elle devra sans aucun doute s’adapter…

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« De Wever a réussi à traduire la pensée de bien des Flamands »

12 octobre 2010 par BONNEY
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Photo: AFP/BENOIT DOPPAGNE Bart de Wever, chef du parti parti souverainiste flamand NVA (archives)

Après de très longues semaines de discussions entre les sept partis engagés dans les négociations pour la création d’un gouvernement fédéral belge, Bart de Wever, leader du parti nationaliste flamand (NV-A) a claqué la porte et a demandé un ultimatum. Carl Devos, politologue de l’université de Gand, explique les logiques qui, selon lui, ont poussé De Wever à agir de la sorte.

Bart de Wever a lancé un ultimatum aux autres partis politique. C’est un nouveau départ dans les négociations pour former un gouvernement fédéral belge.

« Ce que De Wever a voulu faire, (…), c’est de procéder à un électrochoc dans le système belge. Les petites crises n’ont pas changé fondamentalement les choses, il faut recommencer à zéro ! », explique Carl Devos. Selon le politologue de l’université de Gand, le leader de la NV-A est conscient de ses responsabilités et il est déterminé à prouver sa volonté d’obtenir un compromis. Dans cette optique, De Wever a d’ailleurs changé son attitude: « Le nationalisme flamand actuel n’est plus dirigé contre l’arrogance francophone, il mise sur l’efficacité de la gestion. Tout en affirmant ne pas être contre la solidarité. Voilà comment la NV-A construit son discours ! ».

Par ce nouveau discours, De Wever répond aux attentes de nombreux Flamands et aujourd’hui, la NV-A attire plusieurs types d’électeurs : « {Elle} est partagée entre sa base nationaliste radicale et ses nouveaux électeurs qui veulent (…) une solution. De Wever doit servir les deux en permanence. »

Des négociations chaotiques

Grâce à ce nouvel électorat, la NV-A est largement arrivée en tête des élections du 13 juin dernier. Mais depuis, les négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral sont au point mort. Le parcours chaotique de ces négociations peut être facilement expliqué. Selon Devos, le problème de De Wever, c’est d’avoir trop largement gagné ces élections. Cette victoire le place en première ligne, ce qui l’empêche de mettre la pression puisque c’est son parti qui doit trouver une solution et être à l’initiative d’un compromis. Mais le leader de la NV-A n’a pas réussi sa mission. « Il voulait aller loin dans le transfert de compétences, avec plus de responsabilités(…). De Wever a voulu alors avoir une influence à ce niveau… Mais en regardant autour de lui, il ne voyait que des partis de gauche (…). D’où sa volonté d’avoir des libéraux avec lui. On lui a refusé. La loi de financement ? Il a essayé, essayé, (…). D’où son choix de faire table rase. »

Mais il ne faut pas croire que cette décision a été prise sans réfléchir. Derrière chaque décision du parti nationaliste flamand il y toujours une analyse de la société et des nuances. « Lorsqu’on écoute De Wever, il y a une forme de populisme,» mais « si {il} avait tenu un discours séparatiste, il n’aurait pas gagné ces élections. », explique Carl Devos. Le leader du parti nationaliste flamand est quelqu’un de très intelligent et de très subtil. Il plaide en faveur d’une grande réforme de l’Etat mais pas pour le séparatisme. « C’est un Flamand radical, ce sont ses racines, mais il est prêt à négocier… ».

Mais d’un autre côté, Devos pense qu’il est très important pour de Wever de ne pas perdre la face devant ses électeurs. Oui, il est prêt à négocier. Mais pour qu’il défende un jour un compromis dans son parti, il faut qu’il y ait eu une grande crise auparavant. Il veut pouvoir dire à ses partisans qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir en provoquant une grande crise politique et qu’il faut accepter ce compromis pour l’instant.

La NV-A veut une Flandre indépendante

Bien sûr, les nationalistes flamands sont en faveur d’une Flandre indépendante mais ils savent qu’ils ne peuvent pas réaliser cet objectif tout de suite et que ce sera le fruit d’une lente évolution des mentalités et du système politique belge.

D’ailleurs, une réforme de l’Etat ne ferait que calmer les nationalistes flamands pendant un petit temps. « La NV-A devrait alors recommencer à faire monter la pression et se concentrer sur autre chose. De Wever sait cela (…) et ces dernières années, en Flandre, il a renoué avec une forme de conservatisme flamand sur bien des thèmes. Il a réussi à traduire la pensée de bien des Flamands. »

Selon Devos, Bart de Wever « sera toujours là pour mettre en œuvre cette politique conservatrice en Flandre. Même si un certain nombre de ces sujets risquent de réalimenter les différends entre communautés. »

Liens intéressants:

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/06/12/008-samedi-elections-belgique.shtml

http://blogs.lesoir.be/chronologie/2010/07/30/les-francophones-doutent-de-la-n-va/

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